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Colloque COMUE

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Les ailleurs du genre aux périodes médiévale et moderne

Le Mans/Angers.

Avec Anne-Laure Fortin Tournes

Programme

 

Les ailleurs du genre renvoient à l’idée d’une géographie, réelle et imaginaire, du genre. En tant que pensée de l’altérité, la pensée de la différence des sexes et des genres peut en effet se décliner dans l’espace. Ainsi, les voyages, réels ou fictifs, sont-ils souvent l’occasion de faire une place aux rapports entre les sexes et aux représentations de genres dans une culture étrangère. C’est d’ailleurs bien dans des ailleurs géographiques que viennent souvent se loger certaines figures marquées par la fluidité des genres : hermaphrodites inscrits dans l’insularité, amazones appartenant à des pays lointains, licornes situées sur terre ou dans les mers, passant en outre d’un genre à l’autre au cours de leur histoire. Passer les frontières géographiques, quitter ses attaches semble ainsi encourager à mettre en question les corps et leurs habituelles frontières. Les ailleurs géographiques impliquent un décentrement du point de vue sur les genres, un déplacement des imaginaires propices à l’ élaboration fantasmatique.  
Les ailleurs du genre sont ainsi matériels et corporels et se réfèrent aux transformations voire aux changements de corps qui peuvent être conçus comme des « voyages » d’un corps à un autre, par lesquels peut se faire l’expérience d’une forme de déplacement physique lié à une transformation ou une modification du corps et du sexe. Les corps sont en effet le lieu d’ une expérience physique de l’ altérité de genre. On pourra notamment se demander comment les textes viennent rendre compte de ces changements corporels : jusqu’à quel degré de détail les textes vont-ils ? Quelle place occupe une approche médicale dans la description des corps et de leur fonctionnement ? Quel rôle demeure dévolu à l’imagination du lecteur par rapport à la possibilité d’une telle fluidité ?

On pense ici aux Métamorphoses d’Ovide, par exemple. Pourront être envisagées dans cette dernière perspective les métamorphoses et hybridations entre personnes humaines et non humaines ainsi que les représentations et les projections imaginaires du corps genré sur le règne animal, voire végétal.
Les ailleurs du genre peuvent également être compris à un niveau plus métaphorique ou fictif, quand la fluidité des genres est conçue comme une expérience de pensée, comme une façon de se mettre à la place de l’autre ou de porter la « voix » de l’autre.
Le concept de l’ailleurs permettrait ainsi de penser la question du point de vue et de la diversité des voix productrices de représentations de genre et de leur réception. Il pourra explorer les formes de disjonction entre l’identité générique de l’auteur affiché et celle de l’auteur authentique dont l’expérience la plus connue est l’usage du pseudonyme. Cet aspect qui soulève le rapport problématique à l’autorité ou à la censure posera notamment la question de la reconnaissance culturelle.

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