Colloque international : Mutations identitaires en Europe à l’aube du XXIe siècle - du 25 au 27 février 2013

Colloque International Université du Maine/Université de Paderborn

Mutations identitaires en Europe à l'aube du XXie siècle

Entre idée européenne et traditions nationales: Transmission et diffusion d'identité

 

La crise qui frappe les sociétés européennes ne met pas seulement en jeu la problématique d’une gouvernance et de ses modalités, mais également celle du contenu culturel de la notion d’Europe. Dans cette analyse, l’idée européenne, considérée souvent comme concurrente, voire même antagonique de traditions nationales irrémédiablement distinctes, serait un jour amenée à remplacer l’idée nationale - pourtant elle-même construction donnant corps à des communautés imaginaires. Mais cette approche semble occulter l’importance et le poids des identités collectives dans le processus de l’intégration européenne qui, loin de l’effacer ou de la concurrencer, érige la diversité culturelle en « marque de fabrique » de l’identité européenne.

C’est sous cet angle que le colloque « Mutations identitaires en Europe à l’aube du XXIème siècle » souhaiterait s’interroger sur les multiples liens qu’entretiennent identité européenne et identités nationales, c’est-à-dire sur la tension constitutive entre l’État national d’une part et l’Union européenne d’autre part. Ainsi, il pourrait s’avérer fertile de s’intéresser à la diversité des constructions identitaires (p. ex. les différentes interprétations des histoires nationales) et à leur rôle dans la construction européenne. L’Europe ne serait-telle qu’un mosaïque/une addition de multiples « identités » nationales ou existe-t-il une « identité » commune ?

La dimension symbolique de la construction identitaire mériterait une attention toute particulière, à travers l’étude des figurations littéraires des mythes historiques fondateurs p.ex., censés mettre en scène la différenciation identitaire de chaque nation ou au contraire souligner la communauté idéelle de l’Europe. Dans quelle mesure les différents modes de diffusion de l’identité (via les manuels scolaires, les médias, internet, les manifestations culturelles ou sportives, les lieux de création culturelle, comme le « Théâtre de l’Europe » à Paris, ou même les troupes de théâtres internationales comme celle de Peter Brook) pourraient-ils être envisagés sous l’angle du travail de maillage identitaire que constitue aussi la création de l’identité européenne ? Dans cette optique, il conviendrait d’interroger le rôle de l’art et de la littérature comme autant de vecteurs identitaires privilégiés et expression des images nationales en circulation - et en mouvement. Ces mutations des identités culturelles se prolongent et s’incarnent d’ailleurs dans les pratiques et représentations du politique en tant qu’enjeux majeurs du débat public. Dans ce rapport complexe entre pouvoir et culture, il conviendrait également de s’intéresser aux supports, vecteurs et institutions chargées de la production et de la diffusion de la culture, et d’élargir l’étude à l’analyse des mémoires culturelles lesquelles, à leur tour, paraissent emblématiques des relations complexes qu’entretiennent paysages mémoriels, production culturelle et identités nationales. Enfin, les transferts culturels et échanges intellectuels intenses entre différents pays permettent aussi de dépasser la singularité culturelle intrinsèque pour s’interroger sur la réciprocité croissante entre traditions nationales, à l’origine d’une identité européenne qui se construit aussi à partir de ces multiples échanges, emprunts et métissages faits entre cultures nationales.

 

Voici les vidéos réalisées par Frédéric Labre, pour ce colloque international :

- Intervention de Dorothea Bohnekamp, Discours d'ouverture.

- Intervention de Marie-Hélène Quéval, Discours d'ouverture.
 
Première section : Le couple franco-allemand, au coeur de la mise en oeuvre de l'idée européenne

- Intervention de Jean-Louis Thiériot, L'identité économique de l'Allemagne face aux défis de l'Europe.

- Intervention de Elisa Goudin, Le rôle de l'idée européenne dans les politiques culturelles allemandes mises en place après 1990.

- Intervention de Dominique Herbet, A gauche du SPD, discours pro-européen versus discours anti-UE depuis le début du XXIème siècle.

- Intervention de Jean-Marc Rohrbasser, L'évolution démographique en Europe au XVIIIème siècle.

- Intervention de Anne Salles, Le rôle de l'Union européenne dans la réorientation de la politique familiale allemande : vers un changement d'identité et de culture ?

Deuxième section : Les supports de l'identité européenne

- Intervention de Delphine Marinot, Le Rhin comme support de l'identité suisse.

- Intervention de Katalin Podmaniczky, Lieux de mémoire littéraires hongrois en Roumanie.


- Intervention d'Adeline Busson, La photographie privée comme support de l'identité en RDA avant et après la réunification.

Troisième section : La littérature comme support identitaire

- Intervention d'Isabelle Ruiz, L'idée d'Europe ou la "symbiose conflictuelle" selon Johannes Urzidil (dernier conteur pragois de langue allemande).

- Intervention de Bénédicte Terrisse, Paysages et mémoire culturelle dans l'oeuvre post-Wende de Wolfgang Hibig : la sédimentation d'une identité européenne.

-Intervention de Dirk Weismann, "Il ne faut le dire à personne, mais l'Europe n'existe pas" : l'identité européenne et nationale réfléchie par Yoko Tawada, écrivaine germano-japonaise.

- Intervention de Brigitte Ouvry-Vial, Existe-t-il un lecteur européen ? Le rapport au livre et à la lecture est-il une valeur commune ?

- Intervention de  Dimitré Dinev - Lecture d'auteur - L'un et le multiple, vers une littérature européenne.

Quatrième section : L'un et le multiple

- Intervention d'Hélène Yèche, L'identité sorabe dans l'Allemagne d'aujourd'hui.

- Intervention de Gwenola Sebaux, Identité nationale versus Identité culturelle. L'Allemagne, une "Kulturnation" réinterprétée ?

- Intervention d'Alfred Grosser, Discours de clôture.