"Les enjeux politiques de la circulation des gens de couleur dans l'espace atlantique au XIXe siècle"

Intervention Vanessa Mongey – Séminaire 3LAM

Jeudi 5 avril (salle Pierre Belon), 16h-18h

 

Cette présentation explore le contrôle des déplacements des gens de couleur dans l’empire français dans la première moitié du XIXe siècle. La crainte du gouvernement français envers les interactions entre les personnes afro-américaines après la révolution haïtienne est bien connue, mais les processus par lesquels il a tenté de réglementer la mobilité de ces personnes ont reçu moins d'attention. La révolution et le premier Empire ont développé plusieurs pratiques administratives et ont notamment imposé le passeport comme principal moyen pour maitriser les déplacements des individus. Le passeport devient alors le symbole de l'appartenance à une communauté politique souveraine et son obtention a posé des défis particuliers pour les personnes d'ascendance africaine. Un décret en 1802 interdit aux personnes de couleur d'entrer ou de résider en France métropolitaine sans permission : bien que cette interdiction ait été arbitrairement appliquée, elle a mis en branle des débats intenses sur les identités juridiques des ressortissants non-blancs. Cette présentation analyse quelques cas précis pour mettre en évidence la multitude des régulations directes et indirectes produites par les autorités, ou ce que Pierre Bourdieu appelle « une des manifestations les plus typiques du monopole de la violence symbolique légitime qui appartient à l’Etat ou à ses mandataires », et montre comment les gens de couleur ont contourné ou manipulé ces régulations.