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Axe 1 : Figures du sujet : traces, mutations, interactions

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Axe 1 : Figures du sujet : traces, mutations, interactions

La longue tradition humaniste a laissé la place au cours des années soixante et soixante-dix, à la remise en cause du sujet entendu comme unité cohérente, notamment par Heidegger, Foucault ou Lacan. On a assisté à une redéfinition, voire à la négation du sujet unitaire et conscient, tel qu'il avait été envisagé auparavant par la critique de ses constituants idéologiques et idéalistes. Quelques décennies plus tard, les travaux récents de Richard Wolin et d'Emmanuel Faye, par exemple, montrent que le sujet n'est pas nécessairement « mort » pour autant.  

Quelle que soit notre perspective, en tant que littéraires, linguistes et civilisationnistes, nous pourrons contribuer à interroger l'évolution et l'application du concept de sujet dans les arts et les cultures, ainsi que les évolutions de vocabulaire opérées au cours des dernières décennies. A travers les sciences humaines, les arts et les langues, les sujets unitaires, tels que les héros, les peuples, nations ou classes, ont laissé la place à une multiplicité, pensés de plus en plus en termes fragmentaires, que l'on parle de genre, de minorités, de réseaux, d’ethnies, de générations… Aux grandes totalités historiques, aux « grands récits », se sont substitués les « multitudes » de Negri, les nomades de Giorgio Agamben, les minorités, entendues comme ceux étant ceux et celles qui « échappent au contrôle »... La redéfinition du sujet a laissé une large place à l'étude de la mémoire individuelle ou collective, propre au sujet, qui au lieu de se projeter dans l’avenir pour ainsi tenter d'avoir prise sur le monde de manière consciente, opère un mouvement rétrospectif. Dans les arts, on observe une redéfinition de l’acte créateur et de la figure de l’artiste, entre démiurge et figure dont l'œuvre dépend autant du récepteur. Quant aux héros ou personnages de romans ou de films, ils ne sont plus nécessairement monolithiques, comme le justicier du Western ou le peuple du cinéma soviétique ; enfin, au lieu de décrire une trajectoire orientée, que ce soit dans l'espace, que ce soit suivant une loi morale ou une idéologie individualiste ou collective, il est de plus en plus caractérisé par le retour sur le passé, ou bien par l'errance, l'absence de perspective. L'essentiel pourrait aussi être de saisir les manières complexes et subtiles dont le désir inconscient ou la jouissance s'écrivent dans le texte. 

Le sujet peut être ensuite appréhendé par les littéraires, les linguistes et les civilisationnistes dans ses interactions avec son environnement, qu'il s'agisse du rapport à l’autre ; au lieu naturel ou transformé par l'homme (végétal, rue…), à l’ordre établi, à l’héritage historique et culturel. L'investissement du lieu et de l'espace s'inscrit dans cette ligne. L’environnement est l’objet de pratiques sociales et culturelles exercées sur et par le sujet. Il peut être subi, accepté, transformé ou subverti. Une grande part des membres de l'équipe étant spécialistes en langues, une importance particulière sera accordée aux valeurs linguistiques et terminologiques (sujet/locuteur/ positionnements énonciatifs…). 

Ainsi, de telles interactions laissent des traces : archives ; récits mémoriels dans le cas des guerres civiles, coloniales ou entre puissances dominantes ; patrimoine architectural et industriel ; constructions et déconstructions sociales, politiques ou historiques ; dans le cas de l'œuvre d'art, le caractère éphémère ou pérenne de la trace peut être interrogé. Parmi ces traces, les arts visuels occupent une place significative. 

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