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JACQUET Célia

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« Écoféminisme et mondes spéculatifs : la figure de l’insoumise dans les récits littéraires et filmiques anglophones contemporains » 

 

Début le 01 octobre 2019.

Sous la direction de Taïna Tuhkunen.

 

Il est de plus en plus constatable que maintes héroïnes contemporaines, qualifiables de « empowering » et qui connaissent un grand succès dans la culture populaire, refusent désormais de se plier aux codes du « système mâle » (d’Eaubonne) et luttent à la fois pour la préservation de l’environnement et contre les injustices sociales. Partant de ce constat quant aux changements typologiques que ces nouvelles figures mettent en lumière, ce travail de thèse souhaite réexaminer les questions déjà soulevées par des écoféministes concernant l'association de la femme et de la nature. En tenant compte des préoccupations de plus en plus brûlantes relatives à la place du genre dans la société ainsi qu’à la destruction de l’environnement, ce projet de thèse propose d’analyser, de manière critique et croisée, les récits spéculatifs anglophones contemporains qui mettent en évidence, chacun à sa manière, d’importants changements dans la représentation des rapports entre l’environnement et le féminin. Cette recherche vise à vérifier dans quelle mesure les différents récits littéraires et filmiques adaptent le rôle et l’engagement féminins sous un angle novateur y compris sur le plan de la déconstruction et de la réappropriation d’anciens mythes. En effet, et même si les figures et personnages féminins des récits littéraires et filmés du corpus primaire continuent de refléter bon nombre d’anciens stéréotypes genrés, ceux-ci ne se semblent plus systématiquement soumis à la subordination masculine, confirmant ainsi l’émergence d’héroïnes plus complexes. Cette thèse s'interrogera alors sur la manière dont  ces héroïnes, de plus en plus hybrides, s’inscrivent non seulement dans le prolongement de la réécriture moderniste des histoires classiques—revues par les autrices et critiques féministes à partir des années 1960 et 1970—mais aussi dans un renouveau plus quatrième vague de la place des femmes et de la nature dans les fictions contemporaines. Il s'agira en d'autres termes de s'interroger sur la manière dont ces nouveaux types d'héroïnes bousculent le supposé universalisme anthropocentrique de l'humain masculin hétéro-patriarcal. En se détournant du mythe, obstiné, du sacrifice et du martyre, ces figures anciennes retravaillées dans les fictions spéculatives contemporaines portent effectivement la marque des auteurs et théoriciens femmes qui ont remis en question le féminin comme une construction fixe.  Dès lors, il sera intéressant de chercher à comprendre dans quelle mesure cette remise en cause du prétendu «éternel féminin» semble s’être élargie aux récits d’«écohéroïnes» qui, tout en bousculant la vieille idée de la femme comme un objet passif, souligne la nécessité de l’activité féminine en tant que citoyenne dans des mondes confrontés aux crises environnementales et à l'oppression non seulement genrée mais aussi sexuelle et anthropocentrique. 

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