THÈSE : « La question identitaire chez Jesús Díaz : une lecture anthropologique de son oeuvre »

 

Début en décembre 2008

 

 

Sous la direction d'Erich FISBACH

 

L’histoire de Jesús Díaz, né à La Havane en 1941 et décédé à Madrid en 2002 se déroule parallèlement à celle de la révolution cubaine. Les six romans qu’il a écrits sont le reflet de ses doutes et de la déception, le journal d’une désillusion, le constat amer d’une identité écartelée.
La révolution a produit des changements considérables dans la perception de l’identité nationale. Se revendiquant d’abord de l’idéal de José Martí, pour fonder une société multiculturelle qui dépasse les clivages raciaux mais lutte contre l’impérialisme Etasunien, les Cubains devaient construire l’homme nouveau qui rejette l’individualisme au profit du collectif, à l’image du Che, emblème de la révolution marxiste.

Les intellectuels (cinéastes, écrivains et artistes en général) ont contribué à façonner cet idéal révolutionnaire. Comme les personnages des trois premiers romans de Jesús Díaz, ils verront s’effondrer leurs certitudes, leurs convictions et les croyances sur lesquelles ils avaient bâti leur vie. Ceux des trois romans suivants vont au-delà de l’adieu à la révolution, ils doivent se réconcilier avec l’absurdité de l’existence et les contraintes de l’Histoire pour redonner un sens à la vie qu’il leur est donné de vivre.


Cette pensée de Claude Levi Strauss : «On ne fait jamais une société à partir d'un système. Une société quelconque est d'abord faite de son passé, de ses moeurs, de ses usages: ensemble de facteurs irrationnels contre quoi les idées théoriques s'acharnent.» permet de comprendre la nécessité impérieuse qui conduit les personnages vers cette quête identitaire qui les anime dans chacun des romans.


Tous les grands sujets liés à l’identité sont présents dans l’oeuvre de Jesús Díaz, que ce soit la question raciale, la question de l’identité par rapport au cadre géographique et le lien controversé mais indéfectible entre les Cubains de l’intérieur et ceux de l’exil, la question de l’articulation entre identité individuelle et collective. Que l’on considère les aspects politiques, les aspects purement littéraires ou les aspects linguistiques, c’est encore d’identité qu’il s’agit. Les six romans de Jesús Díaz forment une oeuvre dont l’unité ne dépend pas de la continuité narrative ni de la récurrence de personnages ou de lieux. L’ensemble de ses ouvrages constitue cependant un tout cohérent s’articulant autour de grands axes communs. L’analyse de cette construction permettra la redéfinition du concept de cubanité comme un processus constamment
remis en cause par les aléas de l’Histoire et du contexte mondial.

Les romans de Jesús Díaz ne sont pas autobiographiques mais ils sont fortement imprégnés du vécu de l’auteur, c’est pourquoi il arrive que la frontière entre fiction et réalité trouble le lecteur, particulièrement lorsqu’il s’agit de cette quête identitaire qui obsède tant les personnages. Par ailleurs, même si des évènements historiques apparaissent parfois en toile de fond, cet adjectif serait inapproprié pour qualifier les romans de cet auteur. Il semble qu’une lecture anthropologique de l’oeuvre nous donne les clés pour appréhender la cubanité.

 

Activités

 

Journées d’études « Droits de l’homme et
recherche universitaire dans les Amériques »,
Pôle Ouest de l’Institut des Amériques , les
18-19-20 Juin 2009 à Nantes

Droits de l’homme et questions migratoires
dans : Parle-moi un peu de Cuba de Jesús
Díaz. (publié en ligne sur le site SPIDH.org) 

Colloque « Chemins de traverse », association
Almoréal, les 5 et 6 mars 2010 à Angers.

Chemins de traverse et parcours tourmentés
dans l’oeuvre de Jesús Díaz.

 

Mercier Laurence, 2013, «Chemins de
traverse et parcours tourmentés dans
l’oeuvre de Jesús Díaz.», in R. Caplán, A.
Delgado-Richet, H. Goujat, C. Pergoux-Baeza
(dir.), Chemins de traverse, Angers,
Université d’Angers, p. 161-169.

Journée des doctorants du 3L.AM, le 3 février
2012 au Mans

L’identité cubaine dans les romans de Jesús
Díaz entre adhésion et résistance.

Journée d’étude du Réseau des Jeunes
Chercheurs Américanistes du Pôle Ouest de
l'Institut des Amériques, le 31 mai 2013 à
Rennes 

Présentation de l’oeuvre de Jesús Díaz