CARVALHO-FIGUET, Cecilia

 

 

THÈSE : Trois narrateurs entre la réalité et la fiction: Rodolfo Wlash, Elena Poniatowska et Tomás Eloy Martínez

 

Début en 2011/2012

 

Sous la direction de Erich FISBACH

 

La recherche sera centrée sur divers textes des écrivains Rodolfo Walsh, Elena Poniatowska et Tomás Eloy Martínez, dans le but de déterminer les caractéristiques de leurs récits de non-fiction, analysant les différentes façons dont ces auteurs se déplacent sur la ligne ambiguê séparant la réalité de la fiction.

Ces trois auteurs ont été sélectionnés car ils partagent una trajectoire qui les lie d'une manière spécifique. En effet, ils appartiennent à la même génération, ils ont exercé le journalisme engagé à travers la réalité politique qu'ils ont vécu, et ont utilisé la non-fiction comme un moyen de lutter dans cette recherche constante de la "vérité des faits". De plus, ils ont dû agir dans des contextes historiques-politiques extrêmement complexes; Leur forte participation politique les a conduit à une fin tragique pour Rodolfo Walsh, à un long exil pour Tomás Eloy Martínez et à un dur combat pour les droits de l'homme dans le cas d'Elena Poniatowska. D'une certaine façon, les trois représentent, chacun à leur manière -"la voix de la justice"- la voix de ceux qui ont été brutalement souillés et étouffés.

Le parcours proposé permettrait, en principe, de mettre en relief les complexités et les possibilités du genre et les difficultés qui apparaissent au moment de tenter de le définir ou de mieux le définir. Quelques critiques considèrent ce genre comme étant situé dans un équilibre précaire entre le "journalisme" et la "littérature" c'est-à-dire une forme ambiguê, melange de fiction et de témoignage, en le définissant finalement comme un "hybride". Dans ce sens, on essaiera dans ce travail de recherche de montrer les liens du genre de non-fiction avec le journalisme et l'histoire, en analysant l'organisation d'un matériel qui n'hésite pas révéler son caractère de construction, mettant en évidence que les récits montrent en général une version des événements qui réfute la crédibilité d'autres versions.

On considèrera aussi le genre au sens où il s'occupe de parler de ce qui est omis, censuré ou déformé par la presse, et qui s'oppose presque toujours à la "version officielle" des faits. On étudiera également la possibilité qu'offre ce type de récit de parler de ce dont on ne veut pas parler et de donner la parole à des voix qui ont en quelque sorte été tues.

Enfin, on aura recours à des analyses comparatives entre les récits de non-fiction des auteurs du corpus, cherchant des possibles similitudes et différences afin de mieux cerner la thématique abordée.