FORMET-JOURDE Catherine (c.formet-jourde @ iesf-limoges.fr)

 

THÈSE : Place de la littérature jeunesse dans les établissements et services d’accueil de la petite enfance (crèches, haltes-garderies…)

 

Début en novembre 2012

 

Sous la direction de Brigitte Ouvry-Vial et de Véronique Francis (chercheur au CREF – Paris ouest)

 

 

Il est commun d’admettre que l’école est le lieu des premiers rapports à la lecture mais, en réalité, l’enfant n’attend pas son entrée à l’école pour avoir ses premiers contacts avec la lecture et s’y intéresser de près. Dans les faits, il entre « en littérature »[1] bien avant de savoir lire, parfois même dès la naissance et ce d’abord par le son et le rythme de la voix de l’adulte qui lui lit des histoires.

Si raconter des histoires a longtemps été un rôle dévolu aux grands-parents, il n’en est plus de même aujourd’hui. La modification des modes de vie ayant profondément transformé la structure de la famille occidentale, très rares sont désormais les familles réunissant sous le même toit trois générations. Sous la pression de cette évolution sociétale, de nouveaux et nombreux lieux d’accueil de la petite enfance sont apparus dans le paysage français, se substituant progressivement à ce rôle que les grands-parents avaient occupé durant des siècles.

On pourrait donc envisager que ces établissements d’accueil de la petite enfance deviennent de nouveaux lieux de l’entrée en littérature des enfants à travers des actes de lecture collective mais nous avons pu constater dans le cadre de nos recherches antérieures que la lecture n’y est pas une activité jugée prioritaire, que la notion de « lecture plaisir » y est quasi absente et que l’usage traditionnel du livre y est détourné à des fins bien spécifiques. En effet, nous avons pu observer que la plupart des professionnels de ces structures voient plutôt le livre comme un moyen, qu’il s’agisse d’un outil de médiation permettant à l’adulte et à l’enfant d’entrer en relation à travers sa lecture ou d’un objet transitionnel permettant à l’enfant de supporter le passage de la « maison-maman » à la « crèche-séparation » au même titre que l’ours en peluche[2].

Si cette approche du livre et de la lecture de la part de ces professionnels est aussi réductive, il nous semble que les raisons s’expliquent par les professions qui sont représentées dans les structures d’accueil de la petite enfance et qui émanent uniquement des champs du secteur de la santé et du secteur du social. Par nature, les professionnels de santé et du social voient peu d’intérêt aux questions de lecture dans leur pratique professionnelle et estiment que ce qui doit être proposé autour du livre relève plutôt d’une activité à l’école avec des enseignants ou d’une activité en bibliothèque avec des bibliothécaires. Ce désintérêt à l’égard du livre et de la lecture est renforcé par une absence, au sein de leurs formations, d’apports en matière d’initiation à la littérature jeunesse.

 

[1] « Entrer en littérature », est, concernant la lecture des tout-petits, une expression que nous devons à René Diatkine, psychanalyste et pédopsychiatre.

[2] Les expressions entre guillemets sont empruntées à Rolande Causse auteur de l’ouvrage intitulé Qui lit petit lit toute sa vie.

 


 

Activités

 

-       Colloque « Textes, Formes, Lectures en Europe (18ème-21ème siècles) » - 22/24 mai 2013 – Université du Maine

-       Séminaire de recherche 2013-14 :: « Ecrire la recherche en travail social ». PREFASS Limousin

-       (En cours)  Formation des bénévoles de l’association « Lire et faire lire »