GUERMOND Valentin

 

THÈSE : Les représentations sociales et politiques de l’Espagne dans le cinéma fantastique et horrifique espagnol du tardo-franquisme (1968-1975)

Début en septembre 2013

Sous la direction de Manuelle PELOILLE

 

 L’Espagne, pays ayant eu une faible tradition fantastique, ne développe une production cinématographique proprement fantastique et horrifique que tardivement, à partir de 1968. La fin de la dictature franquiste, marquée par une ouverture sur le monde et un contrôle toujours aussi répressif et cadré, semble façonner les contours de ce cinéma alternatif, les réalisateurs faisant fréquemment des analogies et métaphores sur la situation de leur pays. Comme d’autres pays avant l’Espagne, le cinéma fantastique et horrifique, genre très codifié, permet à des artistes de s’exprimer via le recours à des procédés visuels ou narratifs, des figures incontournables ou inédites, et ce malgré une censure franquiste en activité jusqu’à la mort du Général Franco, en 1975. Avec près de trois-cent films d’horreur en moins de dix ans, l’Espagne devient l’un des plus importants viviers de cinéma de genre au cours des années 1970, rapidement identifiable par ses vedettes et ses caractéristiques techniques, et son exportation à l’étranger assure sa pérennité. S’il n’est pas toujours évident de distinguer un film d’horreur espagnol d’un film d’horreur italien ou britannique de la même époque, plusieurs traits distinctifs permettent de voir dans cette production un courant singulier. Le vampire peut ainsi devenir une allégorie du dictateur Franco, le prêtre devient un personnage positif à l’inverse du film américain The Exorcist (1973), et les zombies ont désormais une mission religieuse et morale, la répression des péchés liés au corps et au consumérisme moderne, qui les rapprochent de l’idéologie nationale-catholique du franquisme.

L’âge d’or de ce cinéma d’horreur ibérique, que les critiques de cinéma de l’époque ont appelé « fantaterror » pour son hybridation du fantastique et de l’horreur (souvent gore), est ainsi une production ambivalente dans son discours comme dans sa forme. Il convient ainsi de mettre en relation ces films avec le contexte socio-politique dans lequel ils sont produits pour mesurer l’ampleur de la transgression que peut représenter ce genre cinématographique. Les limites imposées par la censure et l’obligation d’aller toujours plus loin dans la violence et l’érotisme pour concurrencer les films étrangers plus libéraux en la matière ont façonnées le fantaterror, un courant éphémère qui a connu un succès populaire mais a en même temps fait l’objet de toutes les condamnations par la critique officielle et les institutions franquistes.

 

Communications à des journées des doctorants :

  • « Sous-entendre dans le cinéma de genre espagnol sous le franquisme tardif : l'exemple de La noche del terror ciego d'Amando de Ossorio (1971) », Journée d’étude de jeunes chercheurs « Sous-entendre dans les œuvres d’art : pratiques et techniques », organisée par les doctorants du LASLAR, Université de Caen Basse-Normandie, 1er avril 2015.
  • « Entre plaisir et douleur : recherche et répression de l’hédonisme dans le cinéma d’horreur espagnol des années 1970 », 6èmes Journées d’étude des doctorants Ameriber « Hédonisme : les noms du plaisir », Université de Bordeaux Montaigne, 8 et 9 octobre 2015. [en cours de publication]

 

 Article en préparation dans un ouvrage collectif

  • « Franquisme et maladie politico-sociale : l’exemple de La campana del infierno de Claudio Guerin (1973) », Tous malades ! Représentations de la maladie, éditions Orizons, collections « Comparaisons », Paris (à paraître début 2016).

 

Article en préparation dans une revue à comité de lecture :

  • « Et l’Espagne frémit de peur. L’âge d’or du cinéma d’horreur ibérique à la fin du franquisme (1968-1976) », Romanica Silesiana n°11 « La Peur » (à paraître en 2016).