MOUSSET Bernadette

 

ATER Département d'allemand


mousset.bernadette @ orange.fr

 

 

 Thèse : Le rôle de la société civile dans les relations franco-allemandes de l'après-guerre à l'exemple du département de l'Orne et de la ville du Mans

 

 Cette étude s'intéressera principalement à des hommes et des femmes ignorés du grand public et des historiens, qui ont organisé des rencontres entre Français et Allemands après la Seconde Guerre mondiale. Leurs actions ont contribué à faire disparaître les sentiments de haine qui divisaient les deux pays en mettant en pratique les idées de rapprochement, de réconciliation que les pères fondateurs de l'Europe avaient formulées dans les traités.

Certaines personnalités comme Alfred Grosser et Simone Weil sont reconnues comme acteur/actrice de la réconciliation franco-allemande, mais combien sont-ils à être restés dans l'ombre ? Après avoir évoqué dans une première partie les personnages connus de la réconciliation franco-allemande d'après-guerre (Robert Schuman, Jean Monnet, Charles De Gaulle et Konrad Adenauer), nous parlerons du rôle de la société civile. De nombreux témoins de la dernière guerre ayant disparu, les témoignages recueillis relatent d'événements datant de la fin des années cinquante. L'analyse des motivations des acteurs interviewés retiendra notre intérêt ainsi que les résultats qui en découlèrent. L'étude portera d'une part sur le département de l'Orne avec une population essentiellement rurale et catholique. Les acteurs principaux viennent du monde agricole, du monde chrétien et du monde enseignant (quatre présidents de jumelage, deux prêtres, deux moniteurs de Maisons familiales, trois professeurs de collèges et de lycées). Du côté allemand, six personnes entre 70 et 92 ans ont également accepté de témoigner sur leur implication dans les camps de vacances franco-allemands du Père Mérand, les autres témoins ont participé aux échanges entre les Maisons Familiales ornaises et la Berufschule de Lauterbach (Hesse).
D'autre part, notre intérêt portera sur les liens séculaires qui unissent les villes Le Mans et Paderborn. Un cadre institutionnel certes, où l'acteur principal est le clergé. Cette fraternité de douze siècles semble être la relation franco-allemande la plus ancienne . Les deux villes ont célébré leurs 50 ans de jumelage en 2017, ce qui fut l'occasion de rassembler quelques témoignages.
Mes recherches s’intègrent dans la « nouvelle histoire » initiée par l’ école des Annales apparue dans les années 1970 à l’initiative de Jacques Le Goff et de Pierre Nora. Cette méthode met l’accent sur l’histoire vécue en direct et analyse les témoignages et documents issus de la société civile. Elle s’intègre dans ce qu’on appelle aussi l’« oral history ». Il s’agit de ne plus faire l’histoire des traités et actes juridiques ou des grands conflits, mais de se pencher sur la vie des citoyens d’un pays précis à une époque précise, celle de l'histoire venue « d'en bas ».

Le but de l’étude est de démontrer que les rencontres entre citoyens sont essentielles. La société civile a joué un grand rôle de consolidation de l’intégration européenne en multipliant les rencontres entre les populations allemandes et françaises. Elle a ainsi contribué et contribue encore à donner de la vie aux traités franco-allemands, un rôle essentiel et complémentaire à celui des dirigeants.

 


Domaines de recherches privilégiés :

Civilisation, sociologie, linguistique, histoire


Thèmes de recherche

Les relations interculturelles franco-allemandes

Autres

Présidente du Comité de Jumelage Mortagne-au-Perche/Wietmarschen
Vice-Présidente du Comité de jumelage Tourouvre-au-Perche/ Freiensteinau