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Eric MULLER

Domaines de recherches privilégiés

Littérature de jeunesse ; roman d’aventures ; science-fiction.

 

Thèse préparée : Le mal dans l’imaginaire de Jules Verne (1863-1905)

 

Les romans et nouvelles de Jules Verne s’inscrivent dans  un programme  éditorial « d’éducation et de récréation » à destination d’un lectorat jeune. L’imaginaire vernien répond donc à une éthique du roman d’aventures où le bien et le mal sont nettement désignés et s’affrontent. Cependant, si les récits géographiques et scientifiques   dominent dans l’imposante production de l’écrivain amiénois, les fictions policières, historico-politiques, sentimentales, sociales et même fantastiques construisent aussi une œuvre aux tonalités variées. Dans le cadre d’une réflexion sur le mal, une   lecture attentive des romans et nouvelles de Jules Verne fait donc éclore de multiples questions : comment le mal s’incarne-t-il dans les personnages ? le mal est-il le propre du seul méchant ? quelle est la part du mal souffert dans la quête des héros ? quels démons animent le défi au monde de certains héros mythiques comme Robur et Nemo ?           Jules Verne, par ses fictions, a-t-il toujours exprimé sa foi en un avenir de progrès humain assuré par la science et la technologie qui feraient reculer le mal ? Ce jugement, longtemps partagé, pourrait être nuancé sous l’éclairage d’une lecture diachronique de son œuvre en général et de ses récits dystopiques en particulier.

Dans les   Voyages extraordinaires, se déploie une écriture du monde qui se nourrit notamment d’une vision de l’autre, en cette seconde moitié du XIXème siècle où s’affirment  diverses politiques coloniales ; la fresque vernienne des peuples et des nations de cette époque est fondée sur une antinomie du bien et du mal qui entre en tension avec l’éthique de notre réception du XXIème siècle.