RUSU Lucile

Doctorante en littérature française sous la direction de Franck LAURENT

Lucile.rusu@hotmail.fr

 

 

Domaines de recherches privilégiés

Littérature et orientalisme, Littérature et philosophie, Littérature et spiritualité, Littératures comparées (coréenne, allemande, roumaine et russe), Traduction littéraire

 

Thème de recherche

Littérature coloniale, Littérature et archéologie, Littérature et orientalisme

 

 

Thèse : « Le roman d’Angkor. Littérature et Archéologie dans le contexte de l’Indochine coloniale »

 

En France, pour d’évidentes raisons géopolitiques, le site khmer d’Angkor a ainsi généré une constellation culturelle de savoirs et de représentations particulièrement profuse. Vaguement révélé à l’Occident par les récits d’un voyageur français publiés dans la presse parisienne du Second Empire, l’ensemble angkorien commence à être exploité scientifiquement au début du siècle, grâce surtout aux efforts de la naissante Ecole Française d’Extrême Orient. Dès les années 1910 et durant toute l’Entre-Deux-Guerres, il inspire de nombreuses créations littéraires dans lesquelles, au-delà d’un somptueux décor exotique, il condense l’attrait fantasmatique du mystère, et occasionne la circulation de savoirs archéologiques, historiques et ethnographiques encore neufs, sinon balbutiants. Auxiliaire de la science archéologique par ses capacités de « vulgarisation », la littérature construit ainsi une représentation symbolique d’Angkor, à travers notamment le motif récurrent de l’archéologue amateur, damant le pion à l’archéologue érudit et officiel, dont le statut est garanti par l’administration d’Etat. Ces représentations littéraires évoquent également la question des différentes formes de marchandisation du site d’Angkor, que ce soit par le biais du marché international des œuvres d’arts extra-européennes, ou par celui de la mise en place d’éléments de l’industrie touristique naissante. Enfin, elles contribuent puissamment à la construction de l’altérité, dans le contexte spécifique de la domination coloniale