“Le corps et ses représentations” 2012-2014

Ce projet autour du “corps et de ses représentations” vise à structurer et dynamiser la recherche en arts, langues, lettres et sciences humaines, dans une perspective transdiciplinaire, autour des questions de représentation du corps à l’écrit, dans les arts et à l’écran. Le sujet peut également intéresser les enseignants-chercheurs en sciences dures, notamment en biologie (rapport corps réel/corps objectivé par la science), et en médecine (imagerie médicale, distortion de l’image du corps chez l’annorexique ou la boulimique, etc). La question de la représentation du corps est en effet riche et transversale, qui va du corps mis en texte, au texte qui fait corps (on pense à la poésie concrete et au lettrisme), au corps porté à l’image et sur la scène (corps jouisseur ou mourant, corps désirant et désiré, corps support d’émotion de l’acteur à l’écran ou au théâtre, corps expressif du danseur, corps comme lieu d’expérimentation pour le body-artist, etc ). Le corps sexué, le corps genré, le corps abject qui est réduit à sa dimension organique ou bien au contraire le corps idéalisé, sans organe, seront autant de points d’entrée possibles pour notre interrogation sur les représentations du corps. A la suite du travail de Michel Foucault sur les liens entre corps, savoir et pouvoir dans Surveiller et punir et dans Histoire de la sexualité, nous réfléchirons également à la façon dont le corps peut se constituer en lieu de pouvoir pour servir des fins politiques et idéologiques. Dans cette perspective, nous nous pencherons sur le corps discipliné, le corps martyrisé et le corps mort pour nous poser la question du voyeurisme à l’œuvre dans la représentation du corps. Dès lors, la possibilité d’une éthique de la représentation du corps sera posée. Nous nous pencherons aussi sur les perspectives qu’offrent les nouvelles technologies, dans le domaine de la robotique et du corps posthumain, pour la représentation du corps. Le domaine de la représentation mentale du corps sera investigué, afin de mettre en lumière l’intime lien entre corps et sujet. Dans ce cadre, nous pourrons examiner les distortions à l’œuvre dans les représentations du corps chez l’anorexique ou la boulimique, mais aussi dans les perversions du désir qui signalent un trouble psychique du rapport au corps. Ainsi, un dialogue avec les chercheurs en psychologie et en psychanalyse pourra être entamé, par l’exploration des liens existant entre corps réel, corps imaginaire et corps symbolique. Enfin, il conviendra de réhistoriciser nos réflexions concernant le corps et ses représentations, afin de ne pas figer le corps dans des définitions essentialistes, pour lui garder sa fluidité, sa capacité à circuler dans les discours, qui font de l’étude de ses représentations un objet d’étude particulièrement riche, toujours en devenir. L’histoire culturelle et l’histoire des représentations ainsi que l’ethnologie et la sociologie pourront ainsi être convoquées pour enrichir notre approche interdisciplinaire des représentations du corps.