Enjeu[X]

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AXE n° 3 Cultures, imaginaires, médiation

Patricia Lojkine, professeur en lettres à l’Université du Maine, 3LAM.

 

Thématique 1 : Pratiques contemporaines de lecture des jeunes

Dans la thématique 1,on insiste particulièrement sur l’évolution contemporaine de l’offre, des pratiques et des représentations de la lecture chez les jeunes et de sa place dans la construction des identités individuelles et collectives.

L’approche interdisciplinaire proposée permet d’aborder l’ensemble de la chaîne et des pratiques de lecture contemporaines dans une perspective non plus Top-Bottom – allant de l’auctoritas de l’auteur et des diffuseurs de l’écrit (éditeurs, imprimeurs, libraires) vers le lecteur sujet d’un savoir institutionnellement programmé et prescrit – mais également Bottom-Up allant de l’usager « connecté » consommateur de lecture, navigant au sein d’un ensemble diffus d’informations, plus soucieux d’expériences sociales et culturelles nouvelles communautaires ou individualisées, que d’acquisition de connaissances normées et co-créateur de sa propre expérience de lecture.

On pourra ainsi mesurer, à travers l’observation des pratiques de Jeunes lecteurs et leurs témoignages, la diversité des expériences de lecture prolongeant une tradition et une histoire de la lecture et faisant apparaître des facteurs de continuité comme de ruptures par rapport à cette tradition. La lecture des jeunes publics (enfants-adolescents-jeunes adultes) apparaît en effet conjointement

1) comme posture d’apprentissage et de loisir silencieux et individuel,

2) comme émanant d’une tradition de diffusion des savoirs par l’imprimé, des politiques scolaires et de l’élargissement des publics de lecture à partir du XIXe siècle,

3) comme s’émancipant aujourd’hui des médiations institutionnelles prescriptives dont elle était tributaire pour exiger de nouvelles médiations essentiellement d’accompagnement et d’animation,

4) et devenant par le biais des nouveaux médias une expérience technologique, sociale et commerciale plaçant le consommateur au centre du dispositif.

Les recherches menées dans cette thématique consistent en études de réception auprès des publics de jeunes lecteurs passés et présents, comme en recherche-actions en partenariat avec une pluralité d’acteurs professionnels (institutions culturelles – Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC), bibliothèques, musées, diffuseurs de spectacles vivants…–, villes, centres socioculturels, enseignants) et permettront de concevoir, d’accompagner et d’évaluer les dispositifs de médiation mis en place auprès des jeunes publics en mettant toutefois l’accent sur les publics fragiles, en situation de précarité et sur les évolutions du digital e-marketing pour les jeunes consommateurs.

Ces recherches dans le domaine du livre, de la lecture et des actions de médiations culturelles et éducatives, s’appuient sur des partenariats et des échanges d’expériences concrètes déjà en cours avec les acteurs sociaux, éducatifs et culturels de la Région. Un des axes importants du travail concerne les publics de la culture, leurs pratiques, les voies d’accès qui sont empruntées, les processus d’appropriation à l’œuvre.

Cette logique de recherche, appuyée sur la conviction de l’interdépendance entre culture/lecture et lien social/construction de l’individu en société, est tissée au fil des années et sa consolidation ne peut que constituer un facteur de différenciation des compétences de recherche sur Enfances et Jeunesse dans les Pays de Loire.

 

Thématique 2 : Enjeux du récit : culture, société, modernité

Cette branche 2 de la dynamique scientifique est consacrée aux enjeux des récits à destinataire enfantin/adolescent/jeune adulte. La question prend une actualité particulière quand on songe que le jeu vidéo est, de loin, la première des pratiques culturelles des jeunes. La filière économique concernée comprend donc les industries du jeu vidéo, du cinéma et de la télévision, toute la chaîne de la fabrication, diffusion et commercialisation du livre papier et numérique, les institutions culturelles, éducatives et para-éducatives (bibliothèques, médiathèques, aide sociale à l’enfance).

L’attente de ces secteurs est grande en termes de savoirs théoriques, méthodologiques et épistémologiques sur la fabrique des récits, sur l’histoire des pratiques et des modes de diffusion, sur les mutations en cours à tous les niveaux : par ex. l’organisation des récits (les dialectiques nouvelles entre « jouabilité » et « racontabilité »), l’exploitation en classe des possibilités d’écriture collaborative qu’offrent certaines plateformes (e-zoombook), la progression de la lecture en streaming (« le livre au siècle du nuage ») – pour ne citer que quelques cas de figures emblématiques.

En se fondant sur des chassés croisés entre hypothèses théoriques et expérimentations pratiques (recueil de données émanant du « terrain », expériences en classe ou en contexte extra-scolaire), les actions programmées convergent vers les objectifs suivants :

a) fabriquer des modèles théoriques pour rendre compte des nouvelles formes de récits et aider les enseignants et les professionnels de l’adolescence à en comprendre le fonctionnement et la portée (jeux vidéos, récits interactifs à partir d’hypertextes/hyperliens) ;

b) renouveler les approches pratiques pour familiariser le jeune avec le large spectre des arts du récit sans exclusive (littératures orales et écrites, théâtre, contage, films d’animation, œuvres cinématographiques documentaires ou fictionnelles, séries) ; cela suppose en amont de s’appuyer sur des enquêtes théoriques fouillées dans les divers champs disciplinaires concernés, mais aussi de décloisonner les approches (par ex. aborder les contes en intégrant aussi bien les productions des firmes Disney ou Pixar familières aux enfants que les contes folkloriques et les contes classiques, aussi bien les livres et albums que les performances scéniques et les créations numériques…) ;

c) stimuler les activités d’écriture collaboratives (ateliers d’écriture « classiques », ateliers virtuels de confection de livres multi-échelles ou de récits interactifs…), en s’adaptant aux contextes scolaires ou péri-scolaires, aux âges, aux niveaux considérés et aux compétences visées (apprentissage de langues et cultures étrangères/ développement des compétences herméneutiques/ éveil du questionnement philosophique ou éthique/ inventivité…) ;

d) interroger les représentations d’adolescents dans des créations imaginaires narratives (films, séries, romans « ados ») en les soumettant aux regards de groupes spécifiques d’adolescents d’aujourd’hui (de différents pays), groupes invités à confronter leurs réceptions et réappropriations des œuvres sources dans des réalisations propres.

De manière générale, il s’agit de faire progresser la réflexion des chercheurs, des enseignants, des créateurs, des organisateurs d’actions culturelles sur les récits en images, sur les mutations du livre à histoires, sur l’adaptation, la traduction et la polyexploitation des histoires, sans négliger les processus de médiation : place et rôle des médiateurs (écoles/ médiathèques/ formations des jeunes publics dans les théâtres), rôle des circuits de distribution et de commercialisation…

L’approche est donc complémentaire de la thématique centrée sur les expériences de lectures des jeunes et ménage également des passerelles avec la thématique sur le plurilinguisme autour des problématiques de la pluralité culturelle et linguistique, de la « représentation » et de « l’imaginaire ».

 

Thématique 3 : Imaginaires plurilingues en situation transculturelle : entre familles et école

Dans la thématique 3, la recherche cible des enfants et adolescents pour lesquels la langue de l’école, le français, n’est pas le (seule) langue des relations et interactions familiales, qui ont à composer avec des répertoires bi-plurilingues mettant en contact des langues inégalement légitimées dans l’espace social et scolaire, avec des « langues maternelles » socialement plus souvent associées à l’idée de freins que de ressources, tant pour ce qui concerne l’apprentissage du français que la réussite scolaire. De fait, cette pluralité linguistique peut être source de fragilité, comme l’a montré l’enquête PISA (2013) en dévoilant que les élèves « issus de l’immigration » scolarisés en France sont en France 2,3 fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté que dans les autres pays de l’OCDE. Pourtant, sont-ce ces langues qui sont en cause, ou la minorisation sociale et la non-reconnaissance institutionnelle dont elles font l’objet ? En quoi la disparité statutaire des langues marque-t-elle les imaginaires et l’expérience plurilingues des élèves et avec quelles implications sur les pratiques d’apprentissages, la relation construite à l’école et à la langue de l’école, les rapports aux savoirs et aux apprentissages scolaires ? En quoi des pratiques éducatives ouvertes à la pluralité linguistique peuvent-elles aider les enfants allophones à mieux vivre / gérer leur plurilinguisme, leur relation aux langues parmi lesquelles la langue de l’école ? Dans cette recherche, c’est à partir des « imaginaires » sociaux (Enriquez, 1997, Giust-Desprairies, 2009), notamment ici les « imaginaires linguistiques » (Houdebine, 1996 ; Canut, 2002) que nous proposons d’entrer dans ces questions, situant en cela l’analyse du point de vue de l’expérience et de la sensibilité des enfants / adolescents aux différences sociales (Zarca, 1999 ; Lignier et Pagis, 2012), de la manière dont eux-mêmes perçoivent, catégorisent et reconstruisent leurs langues et leurs différences. Mettant en regard le terrain métropolitain (Région Pays de la Loire) et des terrains de la France ultramarine (Tahiti, Réunion), le travail s’opèrera à partir de 3 entrées dont le croisement permettra d’appréhender les imaginaires plurilingues des enfants dans diverses dimensions micro- / macro- à la croisée desquelles ils se construisent : une entrée par la contextualisation socio-historique (comment historiquement l’école républicaine a-t-elle pensé la question de l’insertion scolaire des enfants locuteurs d’autres langues que la langue de la citoyenneté et du vivre ensemble), une entrée par l’action éducative (conception, mise en place et évaluation d’ateliers « à médiation plurilingue et pluriculturelle » développant en particulier des pratiques de pluri-littératie), une entrée biographique (données collectées à partir d’entretiens biographiques, complétées par l’enregistrement des réactions, attitudes, discours produits au cours des ateliers proposés dans l’action éducative).

 

Le Mans Université  (établissement porteur)

 

Nathalie PRINCE, Professeur de littérature générale et comparée, Directrice, courriel (nathalie.prince @ univ-lemans.fr)

Delphine LETORT, Professeur en études anglophones, Directrice adjointe, courriel (delphine.letort @ univ-lemans.fr)

Secrétariat, Delphine HUET

Le Mans Université

MSH-Laboratoire 3L.AM
Avenue Olivier Messiaen
72085 LE MANS CEDEX 9

tél. 02 43 83 31 69
courriel (Delphine.Huet @ univ-lemans.fr)

 

 

Pour venir au Laboratoire

Par le train : à la gare du Mans, prendre le TRAM, direction "Université", arrêt "Campus Ribay"
Plus d'informations sur : www.setram.fr
Par l'autoroute : depuis  l'A11, sortie "Le Mans Ouest", direction...

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Université d’Angers

Manuelle PELOILLE, Professeur de civilisation espagnole contemporaine. Directrice, courriel (manuelle.peloille @ univ-angers.fr)
Erich FISBACH, Professeur de littérature et civilisation hispano-américaine, Directeur-adjoint.courriel (erich.fisbach @ univ-angers.fr)

 

Gestionnaire,  Joëlle VINCIGUERRA courriel
(joelle.vinciguerra @ univ-angers.fr)
MRGT, bureau102 - tél. 02 41 22 63 93


Secrétariat 3L.AM
Université d'Angers - UFR de Lettres, Langues et Sciences Humaines
Maison de la Recherche Germaine Tillion
5bis boulevard Lavoisier
49045 - ANGERS Cedex 01