Études sur le portrait

Fernando Copello, professeur en études hispaniques à l’Université du Maine

Aurora Delgado, maître de conférences en études hispaniques à l’Université d’Angers

Sandra Contamina, maître de conférences en études hispaniques à l’Université d’Angers

 

Maria Aranda lançait en 2006 un vaste projet bi-sites autour de la problématique de la description en littérature (Cf. Description et fiction. De Jean de la Croix à Vargas Llosa. L’inquiétante étrangeté de l’écriture descriptive, Rennes : PUR, 2008). La suite de cette réflexion s’est centrée sur le paysage comme l’un des aspects de la description. Si le projet initial ne réunissait que des hispanistes, l’étude du paysage a intégré des anglicistes et des spécialistes de la littérature classique (Le paysage ou les reliefs du texte. Du paysage naturel au paysage urbain. Au-delà du Paradis…En-deça de l’Enfer ?, Paris : Michel Houdiard, 2011).

Fernando Copello et Aurora Delgado ont ensuite fait évoluer le projet initial, spécifiquement littéraire, vers une approche pluridisciplinaire. C’est sur le portrait comme champ d’expérimentation que les chercheurs du Labo 3L.AM se sont penchés, faisant appel cette fois à des spécialistes de l’histoire de l’art et à des historiens. Le résultat en a été la publication de Le portrait. Champ d’expérimentation (Rennes : PUR, 2013). L’idée de préciser ce questionnement autour du contraste entre le portrait humain et le portrait animal a été la problématique travaillée pendant la période 2012-2013, donnant lieu à deux journées d’études, sous la responsabilité de Sandra Contamina, Fernando Copello et Laïli Dor : « L’homme et l’animal dans leurs représentations (livresques, théâtrales, picturales…) : figures et symboles entre l’Antiquité et les temps modernes » (Le Mans, 11 octobre 2013) et « L’homme et l’animal : figures et symboles à l’époque moderne et contemporaine » (Angers, 4 avril 2014). La réflexion a également été d’ordre philosophique et les exposés et séminaires ont interrogé la question de la nature humaine et de la nature animale.

Le stade suivant sera de préciser cette problématique autour du portrait animal. Parallèlement à la question de savoir s’il est possible de portraiturer l’animal, postulat qui exige de décentrer le regard humain, s’impose l’évidence d’une confrontation naturelle avec l’homme qui demeure à la source et au terme du processus de la représentation artistique et/ou scientifique : l’homme est invariablement en position de créateur et de récepteur. Le colloque de 2015 se propose donc d’explorer les œuvres, entre art et science, iconographiques et textuelles, qui accordent à l’animal le devant de la scène et interroge, depuis ce lieu, sa relation à l’homme.

La suite du projet est à envisager comme une prolongation de ces interrogations. On ira sans doute du sujet vivant à l’objet, toujours autour de la description, point de départ de ce travail de longue haleine.