COLLOQUE INTERNATIONAL « CARREFOURS INTERNATIONAUX DANS L’ESSAI ESPAGNOL : TRANSFERTS ET COURTS-CIRCUITS (1976-1992) »
COLLOQUE INTERNATIONAL « CARREFOURS INTERNATIONAUX DANS L’ESSAI ESPAGNOL : TRANSFERTS ET COURTS-CIRCUITS (1976-1992) »
COLLOQUE INTERNATIONAL « CARREFOURS INTERNATIONAUX DANS L’ESSAI ESPAGNOL : TRANSFERTS ET COURTS-CIRCUITS (1976-1992) »
Du 24 avril 2025 au 25 avril 2025
COLLOQUE INTERNATIONAL « CARREFOURS INTERNATIONAUX DANS L’ESSAI ESPAGNOL : TRANSFERTS ET COURTS-CIRCUITS (1976-1992) »
24 et 25 avril 2025
Faculdad de Filosofia, UNED, MADRID
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Le projet de congrès s’articule autour de la question internationale dans le nouvel essai espagnol des premières années de la démocratie espagnole. Il faudra s’interroger, tout d’abord sur la question de la périodisation de l’ouverture internationale de l’essai. S’agit-il d’un
phénomène intimement lié à la démocratisation de l’Espagne ? Ou, est-ce que le processus avait déjà eu lieu avant, dans ce que Ramón Buckley, dans son livre de 1996, La doble Transición, avait désigné comme « première Transition », la transition culturelle, celle qui se produit dans les années soixante ? Il faudra se poser la question ensuite de l’hybridation, une question qui est au cœur du dispositif de l’essai (Macé, Langlet), mais cette fois-ci de l’hybridation
internationale. Quels sont les mécanismes d’hybridation dans les essais des années 1970 et 1980 par rapport aux influences et modèles étrangers ? Quid du Nietzsche sophiste, à la manière
espagnole ? Qu’en est-il du poststructuralisme français et de sa porosité au-delà des Pyrénées ?Il faudrait donc se poser la question des transferts culturels (Michel d’Espagne) entre les essayistes espagnols et les essayistes européens, sans oublier l’aura des écrivains du boom latinoaméricain, la spécialisation croissante de la philosophie et le protagonisme de plus en plus important de la logique et la philosophie analytique, d’origine essentiellement étatsunienne.
C’est une période, indéniablement, d’importations de moules culturels, de schémas de pensées, mais aussi de reconstruction identitaire de l’essai espagnol et in fine de l’Espagne. Si les grandes figures tutélaires de la philosophie et de l’essai espagnol (Ortega et Unamuno) sont présentes, à l’époque, d’une manière encore très discrète, malgré le renouveau initial de leur réception,
elles sont tout de même comme une sorte d’arrière-fond implicite dans tout travail intellectuel.
Le retour des essayistes exilés est aussi un phénomène majeur, malgré l’anachronisme de leur production par rapport au terreau des jeunes essayistes espagnols : underground, « culturalismo » poétique, contre-culture, post-avant-garde, movida, etc. Néanmoins, ils
apportent à l’Espagne une immense richesse transnationale qui va fructifier petit à petit chez les jeunes générations. Il faudra aussi rester attentif aux courts-circuits (Tiberghien), filtrages,
ellipses, qui se produisent dans la réception des contenus culturels, de constellations conceptuelles (Adorno) et surtout de traditions philosophiques nationales (Deleuze, Derrida) en Espagne. Le cosmopolitisme a toujours ses limites. Le court-circuit indique une différence de potentiel entre deux types de pensées, de traditions, de style, entre formes nationales de pensées et d’expression, assez souvent incontournables et parfois insurmontables.Enfin, il sera précieux d’analyser en détail deux dates cruciales pour l’histoire de l’Espagne contemporaine : 1985 (date d’entrée dans la C.E.E.) et 1992 (Jeux Olympiques de Barcelone, Exposition Internationale de Séville et Commémorations du Cinquième Centenaire de la Découverte d’Amérique). Les deux dates sont deux pôles majeurs qui attirent la publication de maints articles et essais, aussi bien en Espagne qu’en Amérique Latine.






