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PIROUNAKIS Sophie

PIROUNAKIS Sophie

PIROUNAKIS Sophie

Doctorante au 3L.AM. Thèse débutée en 2022, sous la direction de Patricia Lojkine (Le Mans Université) et la co-direction d'Adeline Desbois-Ientile (UFR langue française, Paris-Sorbonne).

 

Projet de thèse :

Imaginaires et espaces sonores dans la poésie française des années 1540-1560

Il existe une sensibilité des poètes et poétesses de la Renaissance – souvent négligée par la critique au profit des évocations visuelles – à tout ce qui résonne : bruits, échos, sons, musique et voix, ce qui est d’ailleurs logique à une époque où la mise en musique et en chant des productions poétiques relève d’une pratique usuelle. Notre travail va démontrer que malgré la place prise dans les débats du temps par le paragone entre poésie et peinture et l’influence de la doctrine de l’ut pictura poesis (la poésie est comme la peinture), les poètes dits de l’école lyonnaise et de la Pléiade – sous François Ier et Henri II – ne négligent aucunement la dimension acoustique, mais mènent une réflexion poussée sur la métrique, sur les figures de diction, sur la « musique » d’un poème et explorent toutes les ressources techniques à leur disposition pour créer des « paysages sonores » (polyphonie, mimétisme…).

Ils cherchent à se positionner sur ces questions aussi bien par rapport aux courants précédents (la grande rhétorique, l’art marotique) que par rapport à l’héritage italien pétrarquiste, en cette période clé marquant la transition entre les deux « princes des poètes français » que sont Clément Marot et Pierre de Ronsard.

Au-delà des auteurs les plus connus (Louise Labé, Maurice Scève, Ronsard, Du Bellay), il convient de prendre en considération des textes poétiques moins étudiés (Charles Fontaine, Pernette du Guillet, Marguerite de Navarre, les blasons anatomiques…) et de s’intéresser au dialogue entre théories (Pontus de Tyard, arts de seconde rhétorique) et pratiques.

Cette thèse s’intéressera donc à la réception par l’oreille, ce qui suppose d’examiner de près des procédés métriques et stylistiques, comme d’être attentif à la langue (au choix du vocabulaire lié au son en particulier). La dimension culturelle, avec la convocation d’un imaginaire mythologique (la figure d’Orphée), est également centrale dans ces poèmes, de même que la dimension épistémologique : on mettra ainsi en valeur les contacts de la poésie avec les autres domaines comme l’art musical, l’histoire naturelle (Belon), l’anatomie (Vésale), la médecine et la chirurgie (Paré) – les savoirs scientifiques qui émergent alors informant indéniablement la production poétique et le discours métalittéraire sur la poésie.

 

Mots-clés : poésie – musique – espaces sonores – savoirs scientifiques - mythologie

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